Une très longue histoire
Dans son sens premier, l'asphalte désigne une roche sédimentaire, généralement calcaire, imprégnée de bitume natif, provenant de la fossilisation de planctons. Dès le troisième millénaire avant Jésus-Christ, les civilisations les plus anciennes ont eu recours, de façon intensive, à l'asphalte naturel pour assembler ou jointoyer les matériaux les plus divers : pierres, terre cuite, bois, chanvre...
L'utilisation de l'asphalte s'est généralisée en l'Europe de l'Ouest à partir du XVIIIe siècle avec la découverte de gisements importants, notamment en Suisse et en France. Son emploi sous la forme actuelle d'asphalte coulé, s'est développée à partir du XIXe siècle. En effet, la poudre issue du minerai d'asphalte donne, par élévation de température, un mastic ayant la propriété, dès refroidissement, d'être étanche dans la masse, mécaniquement résistant, et peu sensible au vieillissement.
Ce produit, tout à fait adapté aux besoins créés par l'essor industriel des XIXe et XXe siècles, est alors employé pour les étanchéités de bâtiment et d'ouvrages de génie civil, ainsi que pour la réalisation de voiries particulièrement robustes.
Au début du XIXe siècle, l'asphalte était fabriqué dans des malaxeurs de chantier chauffés au bois... La production s'est ensuite industrialisée : élaboré en usine selon divers formules adaptées à son usage, le matériau est ensuite livré sur chantier par des camions "porteurs-malaxeurs" maintenus à température de mise en œuvre, soit 240 à 250 °C.